
À propos du Comité Francophonie
Le Comité Francophonie de l’Observatoire des droits humains à l’ONU constitue un espace de réflexion, d’analyse et de transmission des savoirs consacré aux droits humains dans l’espace francophone.
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Ancré dans une approche expérientielle, le Comité réunit des étudiantes et des étudiants, des universitaires, des actrices et des acteurs institutionnels ainsi que des figures de la société civile afin d’examiner la manière dont les droits humains sont débattus, interprétés et mis en œuvre dans les sociétés francophones. Il établit des ponts entre les cadres juridiques, les réalités vécues, les pratiques institutionnelles et les héritages historiques qui façonnent la protection des droits.
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Les droits humains y sont envisagés non seulement comme des normes juridiques ou des engagements institutionnels, mais aussi comme des pratiques traversées par des dynamiques d’interprétation, de pouvoir, de langue et de contexte. À travers des rencontres, des dialogues et des activités ancrées dans le réel, le Comité observe le droit tel qu’il se déploie dans des espaces concrets — juridictions nationales, institutions internationales, enceintes diplomatiques et milieux communautaires — où les normes sont continuellement négociées.
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La transmission constitue un objectif central du Comité. En documentant les expériences et en produisant des ressources structurées, il vise à transformer les échanges et les activités en matériaux durables destinés à la recherche, à l’enseignement et à la réflexion collective, au sein de l’Observatoire et au-delà.
Francophonie en mouvement
Francophonie en mouvement reflète la conception du Comité d’une Francophonie dynamique et évolutive.
Plutôt que de considérer la Francophonie comme une catégorie linguistique ou culturelle figée, le Comité l’aborde comme un espace juridique et politique vivant, au sein duquel se croisent traditions juridiques, pratiques institutionnelles et réalités sociales. La Francophonie est ainsi comprise non seulement comme une langue partagée, mais aussi comme un espace juridique et épistémique où les normes relatives aux droits humains sont interprétées, traduites, discutées et mises en sens.
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Les juridictions francophones, les institutions internationales, les espaces diplomatiques et les lieux d’engagement de la société civile sont perçus comme des sites où le droit est en mouvement. Cette approche permet d’observer la manière dont les normes en matière de droits humains se façonnent dans la pratique et d’analyser les tensions entre principes universels, contextes locaux et contraintes institutionnelles.
Pourquoi la Francophonie importe pour les droits humains
L’espace francophone regroupe une grande diversité de traditions juridiques, incluant des systèmes de droit civil, des régimes mixtes ou bijuridiques, ainsi que des contextes marqués par le pluralisme juridique. Ces traditions influencent les modes de raisonnement juridique, la formulation des arguments et les modalités de mise en œuvre des droits, offrant un terrain privilégié pour l’analyse comparative et critique du droit international des droits humains.
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La langue joue un rôle central dans ces dynamiques. Alors que de nombreux États, institutions et communautés françaises ont le français pour langue officielle ou co-officielle, et que la tendance actuelle au monolinguisme influe négativement sur l’accès aux processus internationaux, la participation aux débats et la manière dont les arguments juridiques sont formulés et entendus, notamment au sein des Nations Unies.
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En renforçant l’analyse juridique francophone et la participation des actrices et acteurs francophones, le Comité Francophonie contribue à un système de droits humains plus inclusif sur le plan linguistique et plus pluraliste sur le plan conceptuel. Il affirme le français comme langue de raisonnement juridique, de gouvernance et de critique d’amélioration continue, et soutient la production et la transmission de savoirs en droits humains ancrés dans les réalités francophones.
Mission
La mission du Comité Francophonie est d’analyser, de valoriser et de transmettre les savoirs et les expériences liés aux droits humains dans l’espace francophone, au-delà d’une approche strictement normative ou textuelle du droit.
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À travers des rencontres, des dialogues, des activités expérientielles et un travail structuré sur la mémoire et la transmission, le Comité transforme les échanges en ressources intellectuelles et pédagogiques durables. Ces ressources contribuent à la formation, à la recherche et à l’apprentissage institutionnel au sein de l’Observatoire, tout en nourrissant les débats plus larges sur les droits humains dans les contextes francophones sociaux, universitaires et politiques, y compris au sein des processus onusiens.
Vision
Le Comité Francophonie porte une vision critique, indépendante, pluraliste et engagée de la Francophonie, capable d’aborder les droits humains dans des contextes complexes façonnés par la diversité linguistique, les configurations institutionnelles et les héritages historiques.
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La Francophonie n’est pas envisagée comme un espace homogène, mais comme un lieu de circulation d’idées, de pratiques et de responsabilités. Dans cet espace, l’exemplarité en matière de droits humains se construit par le dialogue local, national et international, l’exercice du jugement éthique, la vigilance démocratique et la capacité à naviguer dans l’incertitude d’un monde marqué par les rapports de force, les conflits et certaines régressions des droits de la personne, y compris les femmes, les enfants, les opposants politiques et certains groupes minoritaires.
Approche
Les travaux du Comité Francophonie reposent sur trois principes directeurs :
Apprentissage expérientiel
Engagement direct avec les institutions, les actrices et acteurs, ainsi que les situations concrètes où les droits humains sont en jeu.
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Réflexion critique
Analyse des écarts et des tensions entre les normes juridiques et leur mise en œuvre, en accordant une attention particulière à la langue, au pouvoir et au contexte.
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Transmission des savoirs
Assurer la continuité entre les cohortes et renforcer la mémoire institutionnelle de l’Observatoire grâce à une documentation et une analyse structurées.
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Le Comité vise à produire des analyses et des ressources qui donnent un sens durable aux apprentissages issus de ses activités.
Au cœur du Comité
En contexte juridique francophone, la production d’un savoir qui fait autorité se manifeste souvent par une responsabilité interprétative : agir de manière réfléchie à l’intersection du droit, de la langue et des expériences vécues.
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Cette conception s’inscrit dans le cadre plus large de la formation au leadership portée par l’Observatoire sous la direction de la professeure Pascale Fournier, qui place l’apprentissage expérientiel, la responsabilité éthique et la démocratisation des savoirs au cœur de la formation juridique.
Présidence du Comité Francophonie
À titre de président du Comité Francophonie, Benjamin Boutin apporte une impulsion intellectuelle et stratégique à l’intersection de la Francophonie, des droits humains et des meilleures pratiques internationales.
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Ses travaux et engagements témoignent d’un intérêt constant pour la manière dont les droits sont débattus, négociés et mis en œuvre, ainsi que pour la production d’actions de coopération sensées dans les espaces juridiques, politiques et diplomatiques francophones. Sous sa présidence, le Comité contribue à la mission globale de l’Observatoire en matière de formation au leadership, de production de savoirs et de transmission des savoirs.
