Les droits humains en action
À l’Observatoire des droits humains à l’ONU, l’apprentissage va bien au-delà de la salle de classe.
Chaque année, les étudiants collaborent au sein de groupes de travail thématiques consacrés à des enjeux contemporains et émergents en matière de droits humains. Ces groupes leur permettent d’explorer des problématiques complexes à travers la recherche juridique, des perspectives interdisciplinaires, le dialogue avec des experts et des communautés ainsi que l’apprentissage expérientiel.
Mais le travail ne s’arrête pas à la recherche.
Chaque groupe est encouragé à transformer les connaissances acquises en initiatives concrètes pouvant contribuer à la sensibilisation, au dialogue, à l’éducation, à la défense des droits et au changement. Selon les enjeux abordés, ces initiatives peuvent prendre la forme de chartes, de documentaires, de projets de recherche, d’événements publics, de ressources éducatives, de partenariats communautaires, de travaux axés sur les politiques publiques ou d’autres formes créatives d’engagement.
Grâce à cette approche, les étudiants ne se contentent pas d’étudier les droits humains : ils explorent comment transformer les connaissances en action.
Nos différents sous-groupes
Des enjeux variés, une même volonté d’agir.
Les sous-groupes de l’Observatoire témoignent de la diversité et de l’interconnexion des enjeux contemporains en matière de droits humains.
Tout au long de l’année universitaire, les étudiants collaborent au sein de leur groupe afin d’approfondir un enjeu particulier. Leur travail peut notamment les amener à examiner les cadres juridiques nationaux et internationaux, à se pencher sur des questions d’actualité, à échanger avec des praticiens et des acteurs communautaires, à mener des recherches sur le terrain et à découvrir des perspectives qui trouvent parfois peu d’écho dans l’enseignement juridique traditionnel.
Si chaque groupe emprunte un parcours qui lui est propre, tous partagent un même objectif : allier la rigueur de la recherche à un engagement concret afin de générer des retombées tangibles.
NEURODIVERSITÉ
Le sous-groupe sur la neurodiversité explore la manière dont les cadres juridiques et éducatifs répondent aux réalités diverses des personnes neurodivergentes au Canada. En combinant recherche juridique, observations sur le terrain et échanges avec des personnes neurodivergentes, des éducateurs, des organismes et des experts, le groupe s’intéresse notamment à l’écart entre les accommodements formels et une inclusion véritable, dans le but de réfléchir à des approches éducatives plus inclusives et adaptées.
Dans le cadre de ses travaux, le groupe a élaboré une Charte de la neurodiversité, transformant ainsi ses recherches en un cadre concret fondé sur l’inclusion, la dignité, l’accessibilité et le respect des personnes neurodivergentes. La Charte vise à rapprocher les principes des droits humains des réalités quotidiennes en réfléchissant à la manière dont les institutions et les communautés peuvent créer des environnements où les différences neurologiques sont comprises, respectées et valorisées.
Les étudiants ont également transformé leurs recherches en action concrète en créant le programme Neuromentor, une initiative de mentorat par les pairs conçue par et pour les étudiants afin d’accompagner les personnes neurodivergentes tout au long de leurs études en droit civil à l’Université d’Ottawa. S’appuyant sur leur propre expérience de la neurodivergence en milieu universitaire, les neuromentors accompagnent les étudiants dans leur adaptation aux études en droit, les aident à explorer différentes stratégies d’étude et d’organisation, à mieux connaître les ressources disponibles et à s’orienter en matière d’accommodements scolaires et d’examens.
Ensemble, ces initiatives reflètent l’un des objectifs fondamentaux de l’Observatoire : faire de la recherche non pas une finalité, mais le point de départ d’actions concrètes et porteuses de changement.
DROITS DES FEMMES AUTOCHTONES
Le groupe sur les droits des femmes autochtones s’est penché sur les conséquences persistantes de la limite de la deuxième génération prévue par la Loi sur les Indiens, notamment sur les femmes autochtones et leurs descendants. Le groupe a ainsi exploré les enjeux d’identité, d’appartenance et de continuité culturelle qui découlent des règles encadrant le droit à l’inscription.
Au cœur de cette démarche se trouvait la volonté d’apprendre directement auprès des personnes concernées. Les étudiants se sont rendus dans des communautés autochtones de l’île Manitoulin et de Wendake, au Québec, afin d’échanger avec leurs membres et de mieux comprendre les réalités vécues derrière les enjeux juridiques étudiés. Ces rencontres leur ont permis de confronter le droit tel qu’il est formulé aux conséquences concrètes qu’il peut avoir sur les familles, les communautés et les générations futures.
Leurs recherches et leurs expériences sur le terrain ont finalement mené à la création de Qui a le droit d'appartenir?, un documentaire produit par KWE! À la rencontre des peuples autochtones, qui met en dialogue recherche juridique, expériences vécues et voix des communautés afin d’explorer les répercussions humaines de la limite de la deuxième génération et, plus largement, les questions d’identité et d’appartenance qu’elle soulève.


Photos : Haylee Jasmine Reid
Qui a le droit d'appartenir ?
Un documentaire au croisement du droit, de l’identité et de l’appartenance
Ce qui avait d’abord pris la forme d’un projet de recherche juridique sur la limite de la deuxième génération prévue par la Loi sur les Indiens a évolué vers un projet documentaire ancré dans les expériences vécues, l’engagement auprès des communautés et l’apprentissage au-delà de la salle de classe.
À travers Qui a le droit d'appartenir? , les étudiants ont exploré la manière dont les règles d’inscription prévues par la Loi sur les Indiens et la limite de la deuxième génération continuent de soulever des enjeux d’identité, d’appartenance, d’égalité et de continuité culturelle pour les femmes autochtones et les générations futures. Plutôt que d’aborder ces questions uniquement sous l’angle de la législation et de la jurisprudence, ils sont allés à la rencontre des communautés afin d’apprendre directement des perspectives et des expériences des personnes concernées.
La collaboration de l’Observatoire avec KWE! À la rencontre des peuples autochtones et sa directrice générale, Mélanie Vincent, a occupé une place centrale dans cette démarche, en créant de précieuses occasions de dialogue, d’échanges culturels et d’apprentissage au sein des communautés.
À travers le documentaire, Qui a le droit d'appartenir? met ainsi le droit en dialogue avec les expériences vécues et invite à réfléchir à une question fondamentale : qui peut définir l’appartenance, et quelles sont les conséquences humaines lorsque le droit intervient dans cette définition?
