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Mon expérience au Festival KWE!

  • Writer: Eliott Arseneault
    Eliott Arseneault
  • 6 days ago
  • 2 min read

Il est facile, pour un étudiant en droit, de se laisser absorber par la lecture de centaines de pages de jurisprudence et de doctrine au point d’en oublier ce qui demeure pourtant au cœur même de la profession : l’humain.


Mon séjour à Québec, à l’occasion de la 9e édition du Festival KWE! À la rencontre des peuples autochtones, a été l’un de ces moments qui permettent de prendre du recul et de replacer l’être humain au centre du droit. Pendant trois jours, mes collègues étudiants de l’Observatoire des droits humains à l’ONU et moi avons eu le privilège d’échanger avec des membres de nombreuses communautés autochtones du Québec et de réaliser des entrevues qui nous ont permis d’entendre leurs récits, leurs préoccupations et leurs espoirs.


Cette expérience a été une occasion exceptionnelle d’élargir mes horizons. J’ai été particulièrement marqué par un panel consacré au Pacte des organismes francophones de production et de diffusion artistiques pour la reconnaissance et la célébration des langues autochtones. Cette initiative citoyenne vise à préserver, promouvoir et faire rayonner les langues autochtones du Québec, qui constituent un patrimoine culturel d’une richesse inestimable. J’y ai découvert de manière très concrète comment certaines politiques publiques ou mesures législatives destinées à promouvoir la langue française peuvent, malgré leurs intentions louables, avoir des effets indirects sur la préservation des langues autochtones. Cette réflexion m’a rappelé qu’en droit, les meilleures intentions ne suffisent pas toujours : il faut également être attentif aux conséquences réelles des décisions sur les personnes qu’elles touchent.


Au-delà de ces apprentissages, j’ai ressenti, tout au long du festival, un véritable vent d’espoir. Celui-ci prenait naissance dans des projets portés par les communautés elles-mêmes, qui cherchent à bâtir l’avenir sans jamais effacer la mémoire du passé. Comprendre l’histoire demeure essentiel si nous souhaitons construire une société plus juste et éviter de reproduire les erreurs qui ont marqué les relations entre les peuples autochtones et le reste de la population.


Tout au long de la fin de semaine, j’ai également eu la chance de discuter avec des personnes d’une résilience remarquable. Plusieurs m’ont confié revenir au Festival KWE année après année afin de partager leur histoire, de favoriser le dialogue et de créer des ponts entre les communautés. Ces échanges m’ont convaincu que la réconciliation ne peut se limiter à des textes de loi ou à des politiques publiques, elle se construit avant tout par la rencontre, l’écoute et la compréhension mutuelle.


L’impact de ces conversations sur mes collègues et sur moi-même est difficile à mesurer. Elles nous accompagneront tout au long de notre parcours personnel et professionnel, en nous rappelant que derrière chaque dossier juridique se trouvent des individus, des histoires et des réalités qu’il est indispensable de comprendre. Malgré les nombreuses initiatives qui contribuent aujourd’hui à la valorisation des cultures autochtones, le chemin vers une véritable réconciliation demeure encore long. Cette démarche passe inévitablement par l’éducation et par des expériences de terrain comme celle-ci, qui permettent de dépasser les préjugés et d’humaniser les enjeux.


Je tiens finalement à remercier Fulbright ainsi que la professeure Pascale Fournier de nous avoir offert cette expérience exceptionnelle. Les rencontres et les enseignements de cette fin de semaine continueront d’influencer ma façon d’envisager le droit et m’accompagneront tout au long de mon parcours.

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